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« Produits structurés : opportunités dans la tourmente ? » Chronique Patrimoine / ECO Savoie Mont Blanc – 10 juillet 2020

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Actuellement, les places boursières sont marquées par des journées de fort rebond suivies de violentes rechutes : un terrain de jeu idéal pour les “producteurs” de fonds structurés qui profitent de cette volatilité pour saisir des opportunités de marché et afficher des promesses de rendement potentiel annuel à deux chiffres…

Les fonds structurés ont fait leur apparition dans les années 1990. Proposés dans le cadre d’une assurance vie, d’un contrat de capitalisation ou d’un compte titres classique, ils font référence à un ou plusieurs indices ou actions et offrent à l’investisseur, au regard de leurs évolutions, à la fois une lisibilité sur le rendement potentiel qu’ils seront capables de délivrer, sur le niveau et les conditions de protection partielle ou totale en capital, tout comme sur les éventuelles portes de sortie anticipées sur leur durée prévisionnelle initiale. L’ensemble de ces paramètres est encadré par une forme de « contrat d’investissement » qui fixe les règles de fonctionnement au moment de la souscription.

MÉFIANCE !

Pour assurer ce couple risque/rentabilité, il faut compter sur un savant mélange d’outils financiers assemblés par les banques d’investissement émettrices et leurs tables de marché  internationales. Il ne s’agit donc aucunement de « black box » aux mécanismes inexplicables, bien au contraire… mais sous réserve d’avoir l’expertise pour en décoder les subtilités. L’efficacité de cette alchimie financière dépend, bien entendu, du contexte de marché dans lequel elle est élaborée, mais aussi de la capacité de ces opérateurs à offrir ou négocier les meilleures conditions possibles auprès de leurs contreparties. Ils sont ainsi un nombre limité capables de proposer des produits attractifs et transparents. Car si certains restent modérés quant aux frais sur ces produits, d’autres (notamment les réseaux bancaires) n’hésitent pas à appliquer en toute opacité de nombreuses couches de frais venant amputer la performance potentielle délivrée à leurs clients. Pour une même “formule” les écarts de rendement peuvent parfois varier du simple au double ! Méfiance, donc.

ALIGNEMENT DES PLANÈTES

Si l’heure est à la fête pour les fonds structurés, c’est parce qu’ils se nourrissent de la volatilité des marchés pour doper leur rendement. Autrement dit, plus la perception du risque est élevée, comme c’est le cas actuellement, plus le rendement et le niveau de protection offerts sont élevés : un bonus considérable pour l’investisseur ! Si l’on ajoute à cela des niveaux d’entrée très attractifs (sous réserve de sélectivité, bien sûr) du fait de la forte décote des référentiels atteignant parfois plus de 50 % de baisse sur certains secteurs ou valeurs au pic de la crise, cette alchimie devient alors très attractive, notamment quant à la garantie en capital conditionnée par le non, dépassement de certaines limites à la baisse ! Plus on approche des plus bas historiques, plus le risque d’une dégradation complémentaire forte s’éloigne…
Pour ceux qui auraient des liquidités à investir, c’est donc le moment de faire de bonnes affaires et espérer un gain potentiel pouvant aller jusqu’à plus de 25 % par an avec un risque encadré. Toutefois, les offres se font rares, car peu de banques d’investissement sont prêtes à se lancer dans la partie, tant la probabilité (ou le risque) qu’elles perdent et que le client gagne est importante. CQFD.

LA RÈGLE DU JEU

Pour les épargnants déjà investis dans des produits dont l’échéance est imminente et la barrière de protection du capital franchie, la facture risque d’être salée. Conséquence potentielle d’une pandémie inattendue… C’est la règle du jeu. A contrario, ceux à qui la formule réserve encore plusieurs années devant eux avant le terme fixe verront “seulement” la valeur liquidative de leur fonds malmenée : tant qu’ils ne cèdent pas leurs parts, ils n’essuient pas de perte. Corollaire de cette situation : l’allongement de la durée de détention amplifiera leur gain potentiel en sortie. Il suffit de se référer au contrat d’investissement pour savoir dans quelle proportion et sous quelles conditions.

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