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« Private Equity : l’antidote ? » Chronique Patrimoine / ECO Savoie Mont Blanc – 5 juin 2020

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À l’abri des vents violents qui soufflent actuellement sur les marchés financiers, le Private Equity fait figure de havre de paix face aux actifs traditionnels cotés en Bourse (actions, obligations…). Longtemps réservé à une clientèle fortunée, progressivement, il se démocratise. Au risque d’y laisser son âme…

Le “non-coté”, ou “Private Equity” dans sa version anglaise, a le vent en poupe dans les gestions privées. Le résultat du baromètre de l’Association française du Family Office (AFFO) publié il y a quelques jours est sans équivoque : les familles fortunées ont majoritairement plébiscité le Private Equity (21 %) et l’immobilier (18 %) avant les actions cotées (17 %) pour leurs investissements en 2019. Pour l’année 2020, toujours selon l’étude, la part du Private Equity en investissements directs (78 %) et via des fonds (69 %) devrait augmenter, ainsi que celle de la part de l’immobilier d’investissement (49 %), sujet sur lequel nous émettons néanmoins quelques réserves « conjoncturelles ».

DÉCORRÉLATION

Si les marchés cotés ont réagi de manière immédiate et exacerbée à la pandémie, les fonds de Private Equity n’ont, à ce jour, que très peu subi cette crise. Deux raisons essentielles à cela :
– des activités très décorrélées (recherches et innovations …) sur des secteurs intrinsèquement porteurs, moins sensibles aux fluctuations économiques ou à la consommation courante, et des participations non susceptibles d’être soldées à la hâte au premier coup de grisou par les investisseurs matures, conscients de l’horizon moyen/long terme de leurs positions ;
– des performances ancrées dans l’économie réelle, la qualité des équipes et des stratégies, les savoir-faire (brevets), donc moins sensibles aux aléas des marchés financiers guidés par des comportements spéculatifs et la tyrannie du court terme…
Autrefois réservé à des investisseurs très fortunés et initiés (traduisez « quelques millions d’euros » et « bien renseignés »), impliqués dans la gestion de leurs participations et surveillant leurs investissements comme le lait sur le feu, l’accès au Private Equity a tenté de se démocratiser, laissant derrière lui, avec son caractère élitiste, son âme et, souvent, son rendement. À coup de FCPR, FCPI et autres FIP accessibles au grand public grâce à des tickets d’entrée peu élevés et éligibles aux contrats d’assurance-vie (depuis la récente loi Pacte), ces placements ont poussé comme des petits pains, perdant au passage, sauf rares exceptions, toute leur saveur originelle et leur potentiel de valorisation. Les causes : une sélection peu exigeante des cibles et une absence de gouvernance active des participations. L’argument fiscal ne fait pas tout ! Bienvenue au club des déçus…

ALTERNATIVE DE CHOIX

Au final, très peu de sociétés de capital-investissement proposent des solutions alternatives aux investisseurs prêts à investir 50 000 à 100 000 euros. Tout reste une affaire de “carnet d’adresses” pour accéder à ces “club-deals” retrouvant l’ADN des placements réservés aux grandes fortunes. Les perles rares dénichées, ces véhicules d’investissement permettent tant un choix sélectif de cibles que de mutualiser le risque en investissant sur un panel réduit d’une dizaine de PME multisecteurs triées sur le volet. À condition d’accepter de bloquer son capital en général pendant sept à dix ans et de ne pas ériger la liquidité en crédo, l’investisseur peut espérer un rendement annuel à deux chiffres… Encore faut-il frapper à la bonne porte, tant l’univers du Private Equity reste confidentiel.
Pour éviter les mauvaises surprises, il est donc nécessaire de se faire accompagner par des professionnels (rares) de la gestion privée expérimentés sur cette thématique.
Si le Private Equity sonne comme une découverte pour certains, il n’en est rien ! Nous sommes en effet convaincus, depuis plus de dix ans déjà, de la valeur ajoutée de cette classe d’actifs sous condition d’en accepter la liquidité relative et de s’accorder du temps. Elle assure des fonctions essentielles dans une stratégie patrimoniale : diversification, décorrélation des marchés financiers et création de valeur dans des conditions fiscales des plus optimales. Un remède efficace…
Un message d’espoir pour les épargnants qui pâtissent de la forte érosion des rendements des actifs long terme ou ceux qui voudraient repositionner leurs actifs décotés sur des participations qui ont davantage de ressort ! Y avez-vous pensé ?

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